Quand les médecins « battent en
retraite »
2 123 praticiens ont cessé leur
activité en 2005

► La Caisse autonome de retraite des médecins de France
(Carmf) a enregistré en un an une hausse de 24 % du
nombre de départs à la retraite des médecins libéraux.
► Cette augmentation est supérieure aux prévisions et pose la
question : Va t-on vers un solde démographique négatif
entre 2008 et 2015 ? Les dernières statistiques de la
Caisse autonome de retraite des médecins de France
(Carmf) tendent à montrer que le nombre de départs à la
retraite des médecins libéraux, pour la seule année 2005, a
été sous-évalué.
► Quelque 2 123 praticiens, alors qu'on en
attendait bien moins selon plusieurs prévisions, ont fait
valoir leur droit à la retraite entre le 1er juillet 2004 et le
30 juin 2005. Ce sont exactement 1 736 hommes et 387
femmes (médecins cotisants, en allocation de remplacement
et de revenus [ADR] ou salariés qui ont exercé une activité
libérale) qui ont rangé leur stéthoscope pendant ce laps de
temps. Ce résultat est en hausse de 24 % par rapport à la
même période de l'année précédente où la Carmf avait
recensé 1 708 nouveaux retraités.
► A première vue ce
chiffre peut paraître dérisoire au regard d'un effectif de
quelque 120 000 médecins libéraux en exercice dans
l'Hexagone, pourtant ces chiffres n'en traduisent pas moins
une cruelle vérité. Les médecins libéraux vieillissent - 48
ans de moyenne d'âge - et un très grand nombre va partir à
la retraite dans les prochaines années. Les derniers chiffres de la Carmf laissent entrevoir un mouvement de
départ beaucoup plus précoce que prévu. Dans son bilan sur la démographie médicale de 2004, l'Ordre des
médecins tablait sur le départ à la retraite de 1 495 médecins en 2005. Les résultats de la Carmf, on l'a vu,
sont nettement supérieurs à ces projections.
L'Observatoire national de la démographie
des professions de santé (Ondps) prévoit une
diminution des effectifs médicaux entre 2008
et 2015, compte tenu, notamment, des départs
à la retraite qui ne seront pas remplacés. Le
« numerus clausus » est en effet resté
relativement faible, entre 3 500 et 3 750, de
1992 à 1998.
► Selon l'Observatoire, l'importance des départs
à la retraite prévisibles des médecins se
traduirait par une situation tendue dans les
toutes prochaines années. Si la situation est à
peu prés équilibrée entre départ et entrées
dans les deux années à venir, à partir de 2008
et jusqu'en 2015, le solde devient négatif de
façon croissante. Ce n'est qu'à partir de
2016 que la tendance pourrait commencer à
s'inverser, dans l'hypothèse d'un numerus
clausus fixé à 7 000 et d'un âge moyen de
départ à la retraite à 64 ans.
► La volonté des médecins de la génération de
baby-boomers (nés après la Seconde Guerre mondiale) d'anticiper leur départ en retraite est une tendance très
marquée : la réforme jugée trop complexe le rejet des codes de la Classification commune des actes médicaux,
les conditions de travail de moins en moins faciles et les patients de plus en plus exigeants sont autant de
raisons qui expliquent ce désir fort d'arrêter d'exercer bien avant 65 ans. Selon une étude de l'Ordre qui sera
prochainement rendue publique, 60 % des 2 500 médecins quadragénaires interrogés évoquent la possibilité
d'arrêter leur activité avant 65 ans. Ce phénomène peut être considéré comme excessivement alarmant pour
les années à venir.
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