L'Ordre s'inquiète de la désaffection de la médecine générale

►
Un rapport du Conseil national de l'Ordre a passé au crible les spécialités « en crise ». Généralistes,
anesthésistes, ophtalmologistes, ORL, stomatologistes, neurochirurgiens ou psychiatres, la tendance est
au vieillissement, à la féminisation et surtout à une répartition géographique inégale.
En médecine générale, l'Ordre constate que
l'effectif total des omnipraticiens (tous
exercices confondus) inscrits au tableau au 1er
janvier 2005 était de 104 556, en progression
de 0,8 % par rapport à 2004. Mais ils sont
seulement 93 590 en activité régulière. Il
convient de soustraire de ce total plus de la
moitié des praticiens adjoints contractuels
(PAC) exerçant à l'hôpital, « qui n'ont pas
demandé ou obtenu leur qualification de
spécialistes, et qui sont de fait répertoriés
comme généralistes ». Il en va de même pour
un nombre élevé de praticiens issus de l'ancien
régime des études médicales, exerçant comme
hospitalier ou hospitalo-universitaire,
«initialement inscrits comme généralistes et
qui n'ont pas pris soin de régulariser ou de
faire rectifier leur situation d'exercice ».
Sans oublier un nombre non négligeable de
médecins généralistes qui, ayant acquis une
compétence réglementaire et exerçant dans la
spécialité considérée, ne sont plus en réalité
des généralistes. Le Cnom ne chiffre pas le
nombre de ces médecins qui ne devraient plus
figurer dans le décompte des généralistes.
Spécialités : inégalités parfois marquées. Même tonalité ou presque pour les autres
spécialités étudiées. Pour les anesthésistes, le
Cnom note le vieillissement de la population,
conséquence de la « forte croissance de leur
nombre jusqu'à la fin des années 1980 ». Si
l'âge moyen était de 42,8 ans en 1989, il
atteint 48,6 ans en 2005. Quant à la
féminisation, elle régresse, passant de 39 % en
1989 à 35,7 % en 2005. La répartition
géographique reste contrastée entre le Nord
et le Sud, même si l'Ordre observe une progression du nombre des nouveaux installés dans les régions les moins
pourvues.
Chez les ophtalmos, l'évolution des effectifs se traduit cette année par un solde en équilibre (en attendant les
bataillons de départ à la retraite dans les dix prochaines années). Mais la tendance est aussi au vieillissement.
L'âge moyen est aujourd'hui de 49 ans. La répartition géographique est qualifiée de «particulièrement
inégalitaire ». Ces médecins se concentrent dans le sud de la France, et notamment sur la côte d'Azur.
Pour les ORL, le solde entre les entrées et les sorties est déjà négatif. Le vieillissement de la population est
notable et, dès 2010, le déficit devrait se creuser pour une durée d'au moins quinze ans. Même héliotropisme
que dans les autres spécialités analysées.
Le nombre de stomatologistes ne cesse de diminuer depuis quinze ans : en 2004, trois stomatos se sont inscrits
au tableau, alors que 37 en sortaient. L'âge moyen est élevé (50,5 ans). La répartition est très inégale, à telle
enseigne que sept départements n'en abritent aucun.
Chez les neurochirurgiens, la densité a plus que doublé depuis 1984, ce qui n'empêche pas la population de
vieillir. Leur répartition semble homogène à grande échelle, mais elle est inégale à un niveau d'observation plus
affiné.
Chez les psychiatres, enfin, si les effectifs sont en légère hausse (+ 1,2 % par rapport à 2003), le
vieillissement est comme ailleurs la constante observée. La féminisation dans cette discipline est supérieure à
la moyenne de l'ensemble des médecins (43,34 %, contre 38,8 %). Leur répartition est très inégale : 31,1 pour
cent mille habitants en Ile-de-France, contre 9,3 en Champagne-Ardenne ou 19,8 en Aquitaine.
|
|
|
Devis complémentaire santé
|
|